À partir du 1er septembre 2026, les téléphones portables non dédouanés pourront être bloqués sur les réseaux mobiles au Cameroun. Cette mesure, initialement prévue pour le 25 mai, a été repoussée après plusieurs mois de sensibilisation et de notifications adressées aux utilisateurs concernés, ce qui témoigne d'une volonté des autorités de privilégier, dans un premier temps, la pédagogie plutôt que la sanction immédiate.
Pour comprendre l'origine de ce dispositif, il convient de rappeler que depuis le 1er avril 2026, le Cameroun a mis en place une procédure numérique destinée à contrôler le statut douanier des téléphones, tablettes et autres terminaux importés sur le territoire. L'objectif de cette procédure est d'identifier les appareils pour lesquels les droits et taxes de douane n'ont pas été acquittés. Les premiers chiffres recueillis donnent d'ailleurs une idée précise de l'ampleur du phénomène, puisqu'entre le 1er et le 25 avril 2026, près de 700 000 téléphones et terminaux numériques se seraient connectés pour la première fois aux réseaux camerounais sans avoir été dédouanés.
Face à l'ampleur de ce constat, la Direction Générale des Douanes avait initialement demandé aux opérateurs de bloquer les appareils concernés dès le 25 mai. Toutefois, le gouvernement a finalement privilégié la sensibilisation et la régularisation, afin de laisser aux propriétaires concernés le temps nécessaire pour se mettre en conformité avec la réglementation douanière. C'est ainsi que, dans un communiqué signé le 20 août, le Ministre des Finances a annoncé une nouvelle échéance, fixée au 1er septembre 2026, confirmant le report déjà évoqué tout en maintenant le principe même du blocage.
Concrètement, trois catégories d'appareils sont principalement concernées par cette mesure. La première regroupe les téléphones non dédouanés qui se connecteront pour la première fois à un réseau local à compter du 1er septembre. La deuxième concerne les appareils déjà connectés au réseau après le 1er avril, dont les propriétaires ont reçu des messages d'information ou d'alerte sans pour autant régulariser leur situation. La troisième catégorie, enfin, vise les appareils non dédouanés activés de manière groupée avec une même carte SIM après le 1er avril, puis qui n'ont pas été utilisés de façon continue, un profil d'usage susceptible de correspondre à des pratiques d'importation informelle plus organisées.
Il importe toutefois de préciser que ce dispositif ne crée pas une nouvelle taxe sur les téléphones, contrairement à ce que pourrait laisser penser la nouveauté de la procédure numérique mise en place depuis avril 2026. Il vise en réalité à collecter les droits et taxes de douane déjà applicables aux terminaux importés, sans modification du cadre fiscal existant. Selon le Ministre des Finances, ces droits et taxes représentent généralement environ 33,5 % de la valeur en douane du téléphone, la douane ayant par ailleurs publié une grille de valeurs de référence allant de 5 000 francs CFA pour les appareils basiques à 400 000 francs CFA pour les smartphones haut de gamme, avec un taux annoncé de 33,33 % pour le calcul des droits et taxes applicables.
Cette précision sur la nature du dispositif est importante, dans la mesure où elle recentre le débat sur la question du recouvrement de recettes déjà dues plutôt que sur celle d'une charge fiscale nouvelle imposée aux usagers. Ainsi, le report de la date de blocage, du 25 mai au 1er septembre, ne remet pas en cause l'objectif poursuivi par les autorités, mais témoigne plutôt d'un ajustement du calendrier destiné à donner aux détenteurs de téléphones non dédouanés une fenêtre supplémentaire pour régulariser leur situation avant l'application effective des restrictions d'accès au réseau.
Ce report successif d'une échéance à une autre invite par ailleurs à s'interroger sur l'équilibre recherché par les autorités entre fermeté réglementaire et souci de ne pas priver brutalement d'accès au réseau plusieurs centaines de milliers d'usagers. Le volume de près de 700 000 téléphones non dédouanés recensés en seulement vingt-cinq jours donne en effet la mesure du nombre d'usagers potentiellement concernés par une mesure de blocage appliquée sans période de transition, ce qui explique vraisemblablement le choix initial de la sensibilisation avant tout recours à la sanction technique.
Cette approche progressive comporte cependant sa propre limite temporelle, dans la mesure où un report trop répété de l'échéance de blocage risquerait d'affaiblir la crédibilité du dispositif auprès des usagers concernés, en particulier ceux ayant déjà reçu des messages d'alerte sans y donner suite. La fixation d'une nouvelle date au 1er septembre 2026, communiquée officiellement par le Ministre des Finances, marque ainsi un point d'équilibre entre la nécessité de laisser un délai raisonnable de régularisation et celle de donner, à terme, un caractère réellement contraignant à la procédure engagée depuis avril 2026.
En définitive, le gouvernement entend ainsi mieux contrôler les importations de téléphones et lutter contre les appareils introduits sur le territoire sans déclaration douanière, tout en cherchant à concilier cet objectif de recouvrement fiscal avec une approche progressive, laissant le temps aux usagers concernés de se conformer à la réglementation avant que la mesure de blocage ne devienne pleinement applicable à compter du 1er septembre 2026.
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