Longtemps pointé du doigt pour la vétusté de ses équipements, le principal hub aérien camerounais amorce un rattrapage attendu face à des places régionales mieux dotées comme Abidjan ou Addis-Abeba.
Avec seulement douze postes de stationnement, l'aéroport de Douala plafonne aujourd'hui à une capacité théorique d'environ 1,5 million de passagers par an. Ce nombre restreint de postes constitue un verrou structurel : quelle que soit la modernisation apportée à l'aérogare elle-même, l'aéroport ne peut absorber davantage de vols, et donc de passagers, sans un accroissement parallèle de son aire de trafic. C'est ce goulot d'étranglement au sol que le chantier engagé vise directement à résorber.
Sur le terrain, CHEC construit une nouvelle aire de trafic de 36 000 m² sur le flanc ouest de la jetée B, destinée à accueillir davantage d'appareils simultanément et à fluidifier les mouvements au sol. Les travaux, engagés malgré une saison des pluies intense, doivent s'étaler sur environ douze mois, pour une livraison annoncée à la mi-2027. L'objectif affiché est double : porter la capacité globale de la plateforme à 2,5 millions de passagers par an, tout en renforçant la sécurité et l'efficacité des opérations aéroportuaires.
Ce chantier s'inscrit dans le programme RAP-AID, dont le volet le plus lourd reste à venir : la rénovation et l'extension du terminal passagers. Piloté avec l'appui technique du groupement français TPF/Kardham, ce second volet prévoit la création de 10 000 m² d'espace supplémentaire, la rénovation de 20 000 m² existants et l'ajout de dix nouveaux comptoirs d'enregistrement. Ces travaux, dont la durée est estimée entre 24 et 30 mois, doivent s'achever en juin 2028. Le financement du programme repose sur un partenariat entre Aéroports du Cameroun (ADC) et l'AFD, cette dernière apportant 66 milliards de F.CFA sur les 95 milliards annoncés.
In fine, mis en service en 1977, l'aéroport de Douala accuse un retard d'équipement souvent critiqué : carrousels à bagages défaillants, absence de séparation nette entre flux de voyageurs, infrastructures vieillissantes. En ciblant un doublement quasi complet de sa capacité passagers, ADC cherche à repositionner la plateforme comme un véritable carrefour aérien régional, dans un contexte où des hubs concurrents comme Abidjan ou Addis-Abeba ont déjà modernisé leurs infrastructures. La réussite de ce pari dépendra toutefois de la tenue des délais sur les deux phases du programme, dans un secteur où les glissements de calendrier restent fréquents.
Chiffres clés
36 000 m²
Nouvelle aire de trafic
| 10,4 Mds F.CFA
Coût du marché CHEC
| 95 Mds F.CFA
Coût total du programme RAP-AID
| 2,5 M
Passagers/an visés (contre 1,5 M)
|
Sources : Investir au Cameroun ; Actu Cameroun ; Agence Ecofin ; Sika Finance ; Business & Finance International (juillet 2026).
Your email address will not be published. Required fields are marked *